Hôpital : internes surmenés, patients en danger ?

Hôpital : internes surmenés, patients en danger ?

Le 10 septembre, l’inter-syndicat national des internes des hôpitaux(Isnih) publie une enquête qui témoigne du surmenage des internes, dont un sur cinq ne peut prendre ses repos de sécurité. Un épuisement qui pourrait favoriser les erreurs médicales. Suite à ces résultats, la ministre de la Santé a rappelé aux Agences Régionales de santé la nécessité de faire respecter la loi.

Hôpital : l'épuisement des internes peut-il mettre en danger la sécurité des patients ?

Un interne sur 5 ne peut prendre ses repos de sécuritéL’inter-syndicat national des internes des hôpitaux (Isnih) représente aujourd’hui 15 000 internes, futurs praticiens libéraux ou salariés, répartis sur l’ensemble du territoire et exerçant l’ensemble des 62 spécialités et sur-spécialités, de la chirurgie cardiaque à la médecine du travail, en passant par la médecine générale ou la cancérologie. Dix ans après la mise en place du repos de sécurité après une période de garde de 24 heures, l’Isnih a lancé une grande enquête sur les gardes, astreintes et le temps de travail des internes. Plus de 7 000 internes y ont répondu et les résultats sont alarmants.Plus de 20 % des internes ne peuvent pas prendre leur repos de sécurité, particulièrement dans les disciplines chirurgicales (75 %) et gynécologie-obstétrique (30 %) au détriment de leur sécurité mais également de celle des patients. Les CHU (centres hospitaliers universitaires) qui accueillent les deux tiers des internes, sont ceux qui respectent le moins ces périodes de repos.Fatigue des internes : des patients en danger ?

Parmi les répondeurs, les deux tiers connaissent la définition légale du repos de sécurité (11 heures immédiatement consécutive à chaque garde de nuit) et 90 % déclarent que ce délai est utile pour protéger patients et médecins. Et preuve en est : 15 % des internes déclarent avoir commis des erreurs médicales de prescription, de diagnostic ou d’acte opératoire en lendemain de garde et plus de 39 % estiment qu’ils en ont probablement réalisés sans l’affirmer avec certitude.Mauvaise organisation des services, demandes excessives de certains chefs de service… La majorité des internes travaillent bien au-delà des 48 heures hebdomadaires puisque 85 % d’entre eux dépassent le seuil règlementaire. En moyenne, un interne travaille 60 heures par semaine !Les deux tiers avouent ne pouvoir suivre les demi-journées de formation universitaire prévues et un tiers déclarent avoir déjà travaillé sans rémunération un samedi après-midi, un dimanche ou une nuit constituant du travail dissimulé.L’Isnih dénonce une “main d’œuvre corvéable et bon marché“Dénonçant une “main d’œuvre corvéable et bon marché pour faire tourner les hôpitaux“, l’Isnih réclame l’application du repos de sécurité pour tous, le paiement de toutes les lignes de gardes et d’astreintes, l’encadrement effectif des internes lors de leurs gardes et astreintes et le respect des deux demi-journées de formation hebdomadaires. Soulignant que le salaire des internes n’a que peu évolué (aboutissant selon le syndicat à une rémunération horaire largement inférieure au SMIC horaire par rapport au temps de travail effectif), le syndicat demande une revalorisation.La Ministre de la santé demande aux ARS de faire respecter la loiFace à ce dossier explosif et alors que la Ministre vient de lancer une grande concertation pour un

pacte de confiance pour l’hôpital, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé a adressé une circulaire aux directeurs généraux des agences régionales de santé (ARS) pour leur demander de veiller à l’application des dispositions règlementaires sur le temps de travail des internes, notamment : le temps de repos de sécurité, les deux demi-journées de formation, leur rémunération pour participer à la continuité des soins ou la permanence pharmaceutique (119,02 euros pour une garde normale et 130,02 euros pour une garde de nuit effectuée en sus du service de garde normal) et la prise en compte et la rémunération de la participation de l’interne à la contre-visite du samedi après-midi et du dimanche matin.David BêmeSources :Internes en médecine : gardes, astreintes et temps de travail – ISNIH 2012 –septembre 2012 (

résultats de l’enquête accessibles en ligne)Temps de travail des internes en médecine dans les établissements de santé : Marisol Touraine souhaite un respect strict des heures de repos – Communiqué du Ministère des affaires sociales et de la santé – 10 septembre 2012Circulaire N°DGOS/RH4/2012/337 du 10 septembre 2012 relative au rappel des dispositions réglementaires sur le temps de travail des internes dans les établissements de santé (

accessible en ligne)Click Here: cheap INTERNATIONAL jersey