La HAS est en train de discuter l’intérêt d’utiliser la mammographie par tomosynthèse dans le dépistage organisé du cancer du sein, une technique d’imagerie qui permettrait une meilleure détection de la maladie mais dont les risques ne sont pas bien connus.
Sommaire
- Un quart des dépistages réalisés intègrent déjà la mammographie 3D…
- … malgré ses risques qui n’ont pas été suffisamment évalués
- Les résultats d’une deuxième évaluation paraîtront fin 2020
Vers une évolution du
dépistage du cancer du sein ? Dans un communiqué paru le 27 novembre, la Haute Autorité de Santé (HAS) explique qu’elle mène actuellement “une évaluation afin de se prononcer sur l’intérêt d’intégrer la
mammographie par tomosynthèse dans le dépistage organisé du cancer du sein chez les femmes à risque modéré”.
Un quart des dépistages réalisés intègrent déjà la mammographie 3D…Egalement appelée mammographie 3D, cette technique d’imagerie a l’avantage de pouvoir réaliser “un cliché numérique reconstitué en trois dimensions à partir d’images du sein obtenues sous différentes projections”. Bien qu’efficace, la
mammographie numérique conventionnelle, elle, ne permet d’obtenir qu’une image en deux dimensions, “ce qui peut gêner l’interprétation des images, voire créer des artéfacts, du fait des superpositions des différents tissus constituant le sein”.Serait-il donc pertinent d’utiliser la mammographie par tomosynthèse en remplacement ou en complément de la méthode actuelle, sachant qu’elle l’est déjà dans un quart des dépistages ? D’autant que selon la HAS, les résultats des études scientifiques menées sur l’efficacité de la mammographie 3D ont tendance à concorder : “de façon générale, [elle] suggère une meilleure détection des cancers du sein que la mammographie numérique seule”.… malgré ses risques qui n’ont pas été suffisamment évaluésMais si elle n’a pas encore été autorisée dans le dépistage organisé, c’est pour la simple et bonne raison que ses risques n’ont pas été suffisamment évalués. Ces mêmes études démontrent en effet que cette méthode de dépistage “induit une double exposition de la femme aux rayons X dans les cas où les deux techniques sont associées”. Or, plusieurs travaux ont montré qu’une
exposition à des doses élevées de rayons X entraîne des effets sanitaires préoccupants.La HAS soulève d’autres interrogations liées à la mise en place de la mammographie 3D, notamment sur “l’homogénéité de performance d’une machine à une autre” et “les conditions de mise en œuvre de la double lecture [actuellement, toutes les mammographies jugées normales sont revues systématiquement par un second radiologue expérimenté, NDLR]”.Les résultats d’une deuxième évaluation paraîtront fin 2020“Ces questions sont examinées dans le volet 2 de l’évaluation de la HAS en vue de se prononcer sur l’intérêt d’intégrer la mammographie par tomosynthèse dans le dépistage tel qu’il est organisé en France et sur la place à laquelle il faudrait, le cas échéant, la positionner”, explique-t-elle. Cette deuxième partie de l’évaluation devrait être publiée fin 2020.
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